Nouvelles brèves, de Somerset Maugnam

en édition bilingue. Elles sont vraiment courtes, en effet, au nombre de 9, avec la partie traduite page de droite et un appareil critique conséquent, c’est donc assez vite lu. Comme je n’avais rien lu de cet auteur, je voulais voir ce qu’il y avait de caractère « pour dames » dans ces textes (référence à la chanson de Souchon)…

Parole de Somerset Maugham:

On somnolait chez nous, comme ça
Dans notre jungle, le calme plat
Il a déboulé dans l’soir
En disant: « Mes malles
Sont encore au port »
Moi j’étais largué, classé
Elle était bouche bée
Et lui, c’était Robert Taylor
Comme dans ces nouvelles pour dames
De Somerset Maugham
Ils sont faits pour deux, ces bambous
Trois là-d’dans, ça va plus du tout
Il avait gagné la cup
Fumé navy cut
Claqué les tirelires
Quand elle enlevait sa main de ma main
Ses yeux de mes yeux
Ça me faisait souffrir
Comme dans ces nouvelles pour dames
De Somerset Maugham
Je voudrais qu’il s’en aille, de quoi j’ai l’air
Avec mes détails, mes haltères
Il portait des lions sur le dos
Pour elle comme cadeau
Ça salissait tout
Moi je me sentais vieillot, fidèle
Propriétaire d’elle
Malheureux comme tout
Comme dans ces nouvelles pour dames
De Somerset Maugham
Les capitaines beaux, lâchez-moi
Les femmes sont sensibles à tout ça
Laissez-nous tranquilles baskets
Chocolat noisette
Sur notre canapé
Allez, Somerset, ailleurs
Casser les autres c?urs
Des autres fiancés
Comme dans ces nouvelles pour dames
De Somerset Maugham
Comme dans ces nouvelles pour dames
De Somerset Maugham

Alors non, je ne souscris pas. Il y a bien des personnages de la bourgeoisie anglaise, sophistiqués, maniérés, avec des codes sociaux qui nous insupportent, et des histoires de rivalité amoureuse, mais si c’est pour dire qu’elles sont un peu fades ou gentillettes, non, ce n’est pas le cas. On y trouve toujours une intention, une idée maîtresse, et sauf exception, une bonne chute assez inattendue.

Le texte en français et toutes les notes sont bienvenues, comte-tenu du niveau de langage très littéraire, mais très agréable à parcourir.

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« Le sang qui monte en soi »

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La grande fille se souvient

Elle était petite fille

Cela fait avec tout ça ! Ah ! C’était donc ceci !

Vois comme tout

Est si cordialement creux ! Puis

Elle essuie rageuse

Les filets alcalins

De son sourire amer

Des bribes écorchées

De collants souvenirs


« Le sang qui monte en soi »


Et même ce rouge

Aux joues qu’elle aimait

Respirer la lumière

En poudre les clartés

Fracassantes et tous ces

Devenirs à se hurler les paumes

De rire

Si tant est -qui l’entend- ? Elle aperçoit un truc

Qui picote ses yeux comme une mousse rose

Promesse revécue

De folles anguilles douces

Sous sa roche de lune


Tout baigne dans ses demains

Sanguine

Avec soin


 

Dessin de Antonella Montes

http://www.lantomo.com/index.php/category/papers/

Plomodiern, côte sud de la presqu’île de Crozon

Sur cette plage a lieu un pèlerinage tout à fait unique dans la mesure où il ne s’est tenu qu’une fois, et ne se reproduira plus jamais. C’était en août 2011. Un grand prêtre circulait sur la petite route menant à la mer, monté sur un chariot tiré par des vestales et faisant se prosterner devant son livre sein des fidèles abasourdis et subjugués.

Mais ceci a déjà été narré par le passé…

http://ecoutesiilpleut.blogspot.fr/2011/08/si-vous-croisez-cet-individu.html

Là n’est pas le propos. Il y a deux ans, à la fin de l’été, la plage était à peu près exempte d’algues vertes, issues des excès de nitrates dans les eaux de ruissellement, suite (essentiellement) aux épandages de lisiers conchonnesques sur les champs du bassin versant concerné.

De passage au même endroit, moins de deux ans plus tard…

Les photos ont été prises du point bleu, la zone verte s’étend sur environ 1,2 km (la plage fait 3,5 km de long).

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