Voeux (dix pour deux mille quatorze)*

En 2014,

qu’une forêt équatoriale sorte de mon écran de télévision, envahisse l’appartement, et que fleurisse dans ma baignoire une fleur carnivore diffusant le parfum de ta peau au petit matin.

qu’un livreur de pizza t’amène chez moi par erreur.

que toutes les horloges du monde s’arrêtent, un jour de travail, une minute avant que ne sonne habituellement notre réveil.

que lorsque tu t’approcheras à moins d’un mètre de moi, tous les chats du quartier se frottent les moustaches.

que tu noues tes lacets à mes chaussures.

que tu partages mon goût immodéré pour les batailles de fromage blanc lors des fêtes de copains.

que tu ne rougisses plus en saisissant que c’est ta seule présence qui relève mon centre de gravité.

que l’on batte notre record de plaintes des voisins pour tapage nocturne actif.

qu’en effleurant le dos de ma main, tu annules le mauvais sort qui m’avait transformé en statue de sel.

que j’arrête de faire des voeux idiots pour me concentrer sur tes yeux où reflètent des promesses de voyage.

 

*Taux de voeutition : 1 /201,4ème, c’est bien ! (un dixième de mieux que l’an passé)

 

En cadeau pour votre patience et pour commencer 2014 sous des auspices favorables !

(déjà communiqué, mais comme vous ne notez rien…)

Revu Tamara Drewe, de Stephen Frears

adaptation de Tamara Drewe, roman graphique de l’excellente Posy Simmonds, vieille dame anglaise respectable et facétieuse.

Très réussie.

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Tamara, interprétée par Gemma Arterton.

Or, il m’avait échappé (à la première séance) un fait qui n’est pas un détail dans le récit : l’action se passe à la campagne autour d’une résidence d’écrivains, ferme auberge où ils peuvent se retirer en pension complète pour s’adonner à leur vice. L’un d’entre eux écrit un essai sur Thomas Hardy, c’est là que j’ai prêté l’oreille (mais qui me la rendra ?) car je lis précisément cet auteur classique anglais en ce moment, étant à plus de la moitié de « Jude l’obscur », livre judicieusement conseillé par Ph., lors de notre dernière réunion Tupperware du livre, pour meubler adroitement des insomnies d’une remarquable constance. Les insomnies sont sans doute ce qui aura été le plus stable dans ma vie en 2013.

Pour entendre critiquer l’écrivain, coupable de légèreté dans sa vie privée, s’il faut en croire les allusions du film. J’irai voir ce qu’il en est. Ce Jude l’obscur restera de toute évidence un grand moment de lecture pour moi, il ne me laisse pas indifférent. J’y vois d’abord des tas d’analogies avec ma vie perso, et les personnages agacent autant qu’ils séduisent. Mais j’en redirai deux mots quand j’aurai terminé…

De la qualité du compost produit par les unités de tri mécano-biologique (TMB)

Une histoire (pas) drôle, narrée par la Canard Enchaîné du 24 décembre. Elle se passe en Vendée, où je réside actuellement.

Un type, Paul Arrivé, récupère des échantillons de compost, tombés de la remorque d’un tracteur. Il est président de la FEVE (Fédération écocitoyenne de Vendée). Il envoie ces prélèvements à un labo indépendant du Var. Résultats catastrophiques. Le compost contient du plomb (10 x plus que la norme max. admise), du zinc, de l’aluminium, de l’arsenic, du cadmium, et même des produits radioactifs.

Problème : le compost provient d’une usine locale (à St Christophe-du-Ligneron) de recyclage des ordures ménagères, utilisant un procédé d’un genre présenté comme une solution innovante et alternative à l’incinération. Le principe : on va laisser fermenter les ordures dans un tube énorme où elles sont chauffées pendant 4 jours à 60 degrés. 20 % s’évaporent, 50 % sont enfouis à la décharge, 30 % sont réduits en poudre compost.

Le type fait une conférence de presse. Réaction de Trivalis, le syndicat mixte d’étude et traitement des déchets de Vendée : dépôt de plainte contre ce type « pour diffamation, faux et usage de faux, car le produit ne peut pas provenir de l’usine… » L’exploitant affirme qu’il ne s’agissait pas de compost, mais de refus de TMB. Fin octobre, Paul Arrivé et sa vice-présidente sont mis en examen pour diffamation. Quant à la plainte pour faux et usage de faux, elle est toujours en cours d’instruction…

photo trivalis : le compost épandu en septembre

Le compost produit à St Christophe-du-Ligneron.  Photo Ouest-France.

L’article du journal qui annonçait les premières livraisons du produit.

Il se trouve que la Dordogne est concernée par ce procédé vanté comme un type utile et sans danger de valorisation des déchets ménagers. Il y a une unité de TMB (Tri mécano-biologique) à Milhac d’Auberoche. Le chauffage est assuré par la production de gaz dégagé par les ordures enfouies et récupéré sur place.

De quelle qualité est le produit récupéré ?

Bicycle portraits, Stan Engelbrecht et Nic Grobler

C’est un truc introuvable, sans doute, car réalisé en Afrique du Sud et diffusé, je suppose, en Anglophonie, le texte est en étranger.

Le propos est de montrer la place de la bicyclette dans la vie quotidienne des sud africains. A chaque fois, la forme est la même, à droite, une photo grand format de la personne témoin, avec son vélo, et à gauche le texte de sa déclaration, où il est question de pourquoi, de comment, et du lien que la personne a avec son engin. Les gens ont visiblement été rencontrés par hasard dans la rue. Leurs nom et adresse, le lieu, la date et l’heure précis de la rencontre sont indiqués également. Une galerie de portraits qui fait une coupe sociologique étonnante dans cette société si singulière.

On comprend par les commentaires des usagers, qu’ils sont très minoritaires. Presque tous sont des militants de ce mode de déplacement doux, et semblent tenir à leur véhicule. Un vieux monsieur d’un certain âge portant un béret rouge comme s’il était un ancien para, dit même : « I won’t lend my bicycle to anyone – it is like my wife. I’m married to it and there it stays. » * Beaucoup de bicyclettes sont bricolées, en particulier avec des porte-bagages larges, et on comprend que pour leurs propriétaires, c’est un outil indispensable pour leur vie quotidienne, leur survie souvent. Il est aussi souvent question de vols de vélos, la préoccupation de leur lieu de parking est permanente.

C’est vraiment une lecture agréable et utile. Merci Leah, je ne suis près de te le rendre…

 

« The bicycle were bought by the government for us, so that we can ride them to school, because we travel long distances. Government is making it easy for us to be able to get to school. I love my bicycle because it helps me on the road. »

Dibuseng Janki

 

« I’ve had this bike for 10 years now. Serious. When you cycle you need to stay safe and consider four… no, five things. One, you need brakes, if you don’t have brakes, just leave the bike at home – it is too dangerous. Two, you need good tyres, if you have bad tyres without grip, forget about the bike. Three, if you turn, you need to let the cars know. If you going to the right show them two fingers, it means you are going together. Number four, if you have long pants, put it inside your socks, otherwise it might end up in your chain and then you might end up under a car, you never know, you might fall this way or that way. Number five, go straight, don’t dance with the cars, the road is not for dancing, just go straight. The bike is very dangerous. So remember, your bike… the brakes, the tyres, signals, your pants and go straight. Beware.

Jak Khoza

 

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« I ride around on this bike. I bought it there in Goodwood. From some people there. I think 2 years, no, 3 years ago. I bought it so I can just go on with life. I’m short of breath – with the bike I can go further. I ride my bike every day. I ride to Cape Town central, Sea Point and all around. And Goodwood and Tyger Valley. I live out on the road. On heaven’s road. Out on the bushy ground, along the marsh where the rivers are. And places like that. I sleep out there at night. I hide my bike under the bushes when the thieves come around. Then they can’t find it. When they see I’ve got no stuff they move on. I have these planks tied to the bike here. It’s so I can pack stuff on top and tie it. Then I can at least get on with my life. You know, I love this bikey… its name is Tractor-Tractor. I live on my own. In my own heaven. Down on the ground. Then I live here, then I live there, all over. For 8 years already now I’ve been living all ‘round. I like it like this. But I have to get some ground for me again, a home. I have to build up a home to go on further with my life. So life goes on… »
Micky Abrahams
‘I ride around on this bike. I bought it there in Goodwood. From some people there. I think 2 years, no, 3 years ago. I bought it so I can just go on with life. I’m short of breath – with the bike I can go further. I ride my bike every day. I ride to Cape Town central, Sea Point and all around. And Goodwood and Tyger Valley. I live out on the road. On heaven’s road. Out on the bushy ground, along the marsh where the rivers are. And places like that. I sleep out there at night. I hide my bike under the bushes when the thieves come around. Then they can’t find it. When they see I’ve got no stuff they move on. I have these planks tied to the bike here. It’s so I can pack stuff on top and tie it. Then I can at least get on with my life. You know, I love this bikey… its name is Tractor-Tractor. I live on my own. In my own heaven. Down on the ground. Then I live here, then I live there, all over. For 8 years already now I’ve been living all ‘round. I like it like this. But I have to get some ground for me again, a home. I have to build up a home to go on further with my life. So life goes on…’ – See more at: http://www.bikehacks.com/bikehacks/2010/05/bicycle-portraits-south-africa.html#sthash.HLqsoBpK.dpuf
‘I ride around on this bike. I bought it there in Goodwood. From some people there. I think 2 years, no, 3 years ago. I bought it so I can just go on with life. I’m short of breath – with the bike I can go further. I ride my bike every day. I ride to Cape Town central, Sea Point and all around. And Goodwood and Tyger Valley. I live out on the road. On heaven’s road. Out on the bushy ground, along the marsh where the rivers are. And places like that. I sleep out there at night. I hide my bike under the bushes when the thieves come around. Then they can’t find it. When they see I’ve got no stuff they move on. I have these planks tied to the bike here. It’s so I can pack stuff on top and tie it. Then I can at least get on with my life. You know, I love this bikey… its name is Tractor-Tractor. I live on my own. In my own heaven. Down on the ground. Then I live here, then I live there, all over. For 8 years already now I’ve been living all ‘round. I like it like this. But I have to get some ground for me again, a home. I have to build up a home to go on further with my life. So life goes on…’ – See more at: http://www.bikehacks.com/bikehacks/2010/05/bicycle-portraits-south-africa.html#sthash.HLqsoBpK.dpuf

 
 
*Ce qui n’est pas très malin. Car autant il peut revendre son vélo et en tirer un bon prix, autant…

 

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En fait c’est le premier d’une série de trois déjà réalisés. Celui-ci a été édité en 2012.

Hier, il y avait la tempête , à Sion (plage de St Hilaire de Riez),

personne en bord de mer, et ces lieux désertés dont à propos que j’ai récemment esprimé de l’attirance.

Comme les photos étaient grises et ternes, je les ai abîmées vite fait.

 

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Et puisque j’y suis, trouvée sur l’album de la Comtesse, cette affirmation que je confirme par l’observation :

« Ces fêtes à Sion font couler plein de bile ! »

Lisez le Canard enchaîné !

Lu dans Causette de décembre,

un article assez complet (5 pages) sur l’expérience de gestion verte et alternative de la municipalité de Richmond, en Californie. C’est cette femme, Gayle Mac Laughlin, 61 ans, élue en 2006 sous la bannière « Green party », réélue en 2010, qui pousse toute une série de programmes innovants.

Richmond, située à proximité immédiate de San Francisco (étoile orange ci-dessous),

 

était une cité prospère au XXème siècle, par la présence de chantiers navals et de Chevron, seconde cie pétrolière du pays, qui possède une raffinerie à 5 km du centre-ville. La fermeture des chantiers, la crise bancaire et l’arrivée du crack dans le commerce local avaient transformé cette ville de 110 000 habitants en capitale du crime (taux de criminalité 7 fois supérieur à la moyenne nationale en 1991).

Dans ce domaine de l’insécurité, la « méthode Richmond » a eu des effets spectaculaires, la ville a retrouvé des statistiques moyennes pour les E.U. La municipalité a mis en oeuvre toute une série de programmes ambitieux, quelquefois inédits aux USA, qui ont eu un impact étonnant.  Développement d’une agriculture urbaine (sans OGM depuis novembre de cette année), d’une politique sociale courageuse (par exemple : embauche de « gangstas » repentis comme agents de proximité dans les quartiers sensibles), attaque devant les tribunaux des industries polluantes pour leur faire payer les conséquences sanitaires de leur activité (les taux de cancers sont aussi exceptionnels à Richmond), la municipalité est sur tous les fronts.

Récemment, la ville s’est attaquée au problème des spoliations de biens par les banques abusant des fameux « subprimes ». Elle a fait voter cet été un projet de rachat de crédits hypothécaires de 640 familles insolvables, pour les revendre 3 fois moins chères à leurs propriétaires. Elle est devenue un symbole du « bank bashing » (résistance et opposition aux banques), qui fait des émules dans le pays.

« Les vrais dirigeants de ce pays, comprenez les grandes entreprises et les banques, veulent contenir tout progrès social. J’ai en mon pouvoir de rendre à la société civile son autorité et c’est ce que nous comptons faire. »  Gayle Mac Laughlin.

Un article intéressant et très complet, en anglais, sur cette expérience de gestion municipale.