Peintures, Anthony Duranthon

Voilà un style que j’apprécie. Il y a une filiation, sans doute, avec la peinture nabi (évoquée il y a quelques articles de cela à propos de Vallotton), dans la mesure où ce sont des taches de couleur juxtaposées aux contours nets, sans vrai dégradé. La vivacité des teintes est un autre point commun, quoique chez Duranthon, il n’y ait jamais de couleurs pastelles, tout est vif et contrasté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après l’école, 2012, encre et acrylique sur toile, 130 x 160 cm

Le fait que ces oeuvres soient réalisées d’après photographie se devine dans la forme des sujets, qui prennent carrément la pause, ou sont pris dans un mouvement capté par l’oeil « objectif » d’un appareil. Je ne sais pas s’il est très pertinent de poursuivre la comparaison avec Vallotton, mais ceci dit en passant, il est question, chez le suisse également, de « regard photographique », car lui aussi a réalisé des toiles d’après photos (qu’il faisait lui-même).

 

John, 2011, encre sur toile, 50 x 50 cm

 

Victor et Jordi, 2011, 50 x 65 cm, encre sur papier

 

Joana & Émilie, 2011, 65 x 50 cm, encre sur papier

 

 

Anthony, 2011, encre et acrylique sur toile, 100 x 100 cm

 

Je trouve en particulier les portraits  fascinants.
 
Pourquoi celui-ci est-il cerné de rose vif (la tête et la main) ?  J’aime ces choix tranchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le PACS, 2010, encre et acrylique sur toile, 90 x 130 cm

 

Un artiste qui ne manque pas d’humour…

Bonne Maman, 2009, techniques mixtes sur tissu Vichy,

100 x 100 cm

 

Bonetcha*, 2008, acrylique sur toile, 100 x 100 cm

DNAP 2007 ESACM
 
Une expo en 2007 (série « Camouflages »)
 
Pour en voir/savoir plus sur Duranthon...
 
Qui vit et travaille non loin de chez nous (Clermont-Ferrand). Il nous sera peut-être possible de voir une présentation de ses couleurs en un lieu moins éloigné que Montluçon…
 
 
En le remerciant pour l’autorisation de reproduire ici ses tableaux.

C’est pas seulement à Paris,

Qu’ les bonn’ idées fleuriss’

Nous à Trélissac aussi l’on a

Une belle artothéka !

Merci Georges.

Donc l’artothèque de Trélissac. Vous avez un intérieur. Tout le monde a un intérieur. Plate. Bon, ça dépend des gens, mais chez moi, c’tait plate. Mon Olivier des plaines de copain me montrit la voie. Il avait emprunté pour relever le taux d’agrémentation de son appartement tout blanc une photo d’un gars qu’on connaissait par ailleurs pour chanter moultement bueno dans le groupe « Rue de la muette », Patrick Ochs, un éléphant noir et blanc, mais qui ne barrit pas quant à lui, il reste muet dans la rue.

Patrick-Ochs-8460

Franchement, j’aime bien le côté « c’est quoi ce cirque ? » de cette photo.

 

Mais reprenons. Vous êtes à des rangs de la médiathèque. Vous pouvez, c’est votre droit le moins gauche, emprunter deux oeuvres par période de deux mois, sur toute une année, pour la somme abordable de 35 €, ce qui n’est rien de nos jours, même la nuit.

Donc, moi que je vous cause pour exempler, je me suis fourni de 2 trucs que j’aime,

une photo de Clémentine Mitrani, que la dernière fois que je l’ai croisée, elle avait les pieds dans deux bassines (Clémentine, pas la photo), mais c’est complètement anecdotique sinon. C’est un auto-portait fragmentaire, dans la mesure où on voit pas tout d’elle. L’idée de se voir réfléchir (fallait y penser) dans un miroir ancien tout tavelé de taches brunes, moi j’approuve des deux ouïes, comme l’autre avec sa mère des poiscailles.

 

5357887_chair_artmajeur

 

Or je subjuguai itou sur un grand format de Marie Mazière, « la bassine aux poissons », très coloré comme j’apprécie que la vie soit.

la-bassine-aux-poissons

 

Or derechef, autant je pus accrocher la photo de Clémentine (40 x 50 cm) au mur sans écorcher icelui, autant que la bassine (80 x 80 cm) je dus la poser sur ma table adossée au mur, chuis-pas-propriétaire-faut-pas-faire-de-trou.

Mi janvier, je rapporte les deux oeuvres et j’en reprends deux autres à mon goût pareillement.

Bon, résumons. Vous êtes conurbataires périgourdins (ou plus lointains après tout keskempêche ?), qu’est-ce que vous attendez pour aller emprunter des oeuvres d’art que vous pourrez jamais vous offrir ? Moi ça me tue qu’y ait des gens qui hésitent encore.

Le site de l’arto, où on peut voir tout ce qui se prête.


Merci aux artistes pour leur autorisation de diffuser les reproductions.

Les bonnes surprises de Bragança (2) Graça Morais

Cet article fait suite à celui-ci, qui date un peu avec tout ce temps qui ne demande pas son reste pour filer.

https://fragmentationdusilence.wordpress.com/2013/09/01/les-bonnes-surprises-de-braganca-1-georges-dussaud/

Août dernier. Coin nord-est du Portugal.

Et une autre découverte : une peintresse de la ville. On (avec les copains) a été délicieusement ébahis par cette découverte.

GracaMorais_ACaminhadadoMedoIII

A caminhada do medo III

ACaminhadado MedoX2011

A caminhada do medo VII

Série 2011 A caminhada do Medo VIII 2011 Pastel e carvão s papel 102 x 152 cm Prémio de Artes casino da Póvoa’2011

A caminhada do medoVIII

Série A caminhada do Medo VII 2011 Pastel e carvão s papel 102 x 152 cm

A caminhada do medo X

10517151_fFFEp

gracamorais

lamento_da_gaivota

miolo GRAÇA MORAIS_Page_17_Image_0002

Graça Morais _ paintings _ artodyssey _ Portugal (10)

1371935804

Os Olhos Azuis do Mar

graa_m1

Graça Morais _ paintings _ artodyssey _ Portugal (17)

Picture-21

Graça Morais

L’exposition, tenue au centre municipal d’Art contemporain de Bragança, s’est achevée le 30 novembre, c’est à dire hier. La plupart des oeuvres présentées ci-dessus y étaient.


Elle s’appelle Gracie Hagen

elle est photographe à Chicago, et elle a mis une minute, hier soir, à répondre à ma demande d’autorisation de diffuser ses photos.

Sa réponse : « yeah! I’d love for you to put them on your blog, the more people that see them the better 🙂 »

Merci Gracie !

tumblr_mu5xtj1lsr1r7bq0yo1_1280

Le principe : deux photos juxtaposées de la même personne, dans deux poses volontairement éloignées quant à ce qu’elles expriment de cette personne. Ce ne sont pas forcément : un cliché favorable esthétiquement (avec nos critères de 2013) face à une forme de dévalorisation de l’image du corps, mais quand même, le contraste pose plein de questions…

Comme les corps sont nus, on est vraiment dans l’interrogation de ce qu’est la personne elle-même, ou de l’image qu’elle peut donner d’elle-même. Fort intéressant, non ?

De la relativisation du concept de beauté…

G Hagen 2

G Hagen 3

G Hagen 4

G Hagen 5

G Hagen 6

G Hagen 7

G Hagen 8

G hagen 9

G Hagen 10

G Hagen 11

G Hagen 12

g hagen1

774cedac377876bcba5b5c9b4434f92f

 

Son site

 

 

 

Gracie Hagen

Les portraits photographiques de Mariano Vargas

J’y suis arrivé en cherchant des pastiches/copies plus ou moins librement inspirées de peintures célèbres, ce qui est un exercice riche, beaucoup plus intéressant que la simple copie…

Les-Graces-Mariano-Vargas

Inspiré par « les trois Grâces », de Raphaël.

raphaelThree_Graces

Autre version sur le même thème :

tumblr_mkbao5mHEE1qe36o6o1_500

Dame-avec-chien-Mariano-Vargas

« Dame avec chien », évocation de la « femme à l’hermine » de Léonard de Vinci

hermine-3

Ses photographies ne font pas toutes référence à une oeuvre classique, mais sont des évocations fortes du domaine du portrait

en peinture classique ancienne.

3_Mariano_Vargas_mai111

« Jeune femme faisant des bulles de savon »

9_Mariano_Vargas_avr131

« Dame avec monnaie en chocolat »

6_Mariano_Vargas_dec112

« Marta »

8_Mariano_Vargas_nov123

« Fornarina »

8_Mariano_Vargas_nov124

« La maîtresse des clés »

Femme-au-miroir-Mariano-Vargas

« Femme au miroir »

Jeune-Femme-jouant-Mariano-Vargas

« Jeune femme jouant »

Lady-portrait-with-snake-Mariano-Vargas

« Portrait de dame avec serpent »

2_Mariano_Vargas_fev113

« Donut »

Portrait-de-dame-avec-fleur-Mariano-Vargas

« Portrait de dame avec fleur »

mariano-vargas-v5nn-img

Sans titre

mariano_vargas300

Mariano Vargas

Revenons à Lyon.

On y était aussi pour aller voir la biennale d’Art sacré, tenue dans l’église Ste Polycarpe, dans la pente de la colline de la Croix Rousse qui donne sur le centre hyper.

Non, qu’on ait renoncé à bouffer du curé, non. Tout ce qu’on vit aujourd’hui nous donne de l’appétit féroce pour en venir une bonne fois à bout, pas tant des personnes bien sûr, mais de leur idéologie chargée de pourriture, de souffrance, de haine de son corps, de culpabilité, de tout ce qui fait que l’on traîne une culture de l’autodestruction depuis plus de 2000 ans…

Bref.

Je hais les religions, ce qui ne m’empêche pas d’apprécier l’atmosphère recueillie des églises, et le témoignage qu’elles proposent d’un fragment des jours de nos aïeux.

Bon, et l’expo, dans tout ça ? Hé bien, on avait le goût d’y aller voir car un ami de Périgueux y exposait. Commande lui avait été passée d’un retable. Je dois dire que je fus assez benaise de l’y trouver et à mon goût de surcroit (de surcroix ?).

retable 1

retable2

Retable, Daniel Faure

Ce travail représente à mon avis une chouette synthèse de deux formes picturales exprimées par les créations de Daniel Faure ces 10 dernières années. On trouve à la fois les personnages multipliés, en foule compacte, ressemblant parfois à une forme d’écriture inventée, et une expression orientaliste épurée, en noir sur blanc, donnée par quelques coups de pinceaux.

Ceux qui ont lu « Passagère du silence », de Fabienne Verdier, comprendront l’état d’esprit, le contexte de ce type de graphisme. Je sais, car il me l’a dit que lui-même en fut lecteur.

9782226141859g

Et, pour commenter rapidement tout ce qui était exposé à Ste Polytruc, disons que sortant de la biennale « Comment puis-je péter plus haut que mon cul ? »*, ça nous réconcilia carrément avec une forme d’art contemporain enfin (de nouveau ?) accessible, gai, expressif d’idées préhensibles (le thème était la fragilité), pourtant (quelquefois) non conventionnel, et surtout d’emblée esthétique (disons en phase avec mes goûts que j’ai)… Ne pas se fier aux photos qui sont médiocres, faut y aller voir…

DSC_0212

DSC_0215

Artiste : Miranda

DSC_0241

Florence Vernay

DSC_0259

Jo Tachon

DSC_0253

C’est quouâ, ça ?

DSC_0254

C’est le pire des symboles chrétiens dont il faut oublier. Mais j’ai apprécié la création. (cannettes brûlées, avec des images pieuses recollées par-dessus, le tout agencé pour faire rappeler le petit Jésus, les clous et tout le tralala de la souffrance obligée.) Je n’ai pas le nom de l’auteur.

* Voir des articles sous jassants. J’ai pas fini, mais je sais pas si je finira, vu comme je suis enthousiaste…

Kim Dong-Kyu

Encore et un ! De Séoul. Lui incruste des éléments technologiques d’aujourd’hui dans des oeuvres classiques d’un temps passé que duquel elle étaient inconnues… Intéressant. Le matos s’intègre si tant bien parfaitement aux situations, qu’on dirait que c’est un détail qui manquait dans l’oeuvre, qu’elle était inachevée. On ne peut pas s’empêcher de penser à ce qui fait la différence entre entre ces gens privés de smartphones et de tablettes pour cause d’inexistence, et nous, privés de l’idée même de vivre sans… Il y a une grosse mutation dans le dispositif neuronal, c’est évident, mais qu’est-ce qu’elle recouvre ? On aurait aimé trouver des propositions riches d’interrogations de ce type à la Biennale de Lyon…*

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-1

« La chambre » de Vincent Van Gogh

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-2
« Le rêve » de Pablo Picasso

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-3

« Un dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte », Georges Seurat

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-4
« Les joueurs de cartes », de Paul Cézanne

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-5
« Alphonsine Fournaise », d’Auguste Renoir

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-6
« Voyageur au-dessus de la mer de nuages », de Caspar David Friedrich

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-7
« L’Ancient des jours », de William Blake

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-9
« Le balcon », d’Edouard Manet

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-10
« Portrait de Marie-Thérèse Walter », de Pablo Picasso

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-11
« Rokeby Venus », de Diego Velasquez

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-12
« Au-dessus de la ville », de Marc Chagall

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-13

« Le déjeuner sur l’herbe », d’Edouard Manet


famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-14
« Le vieil homme triste », de Vincent Van Gogh

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-15
« L’homme au balcon », de Gustave Caillebotte

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-16
« Au conservatoire », d’Edouard Manet

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-17
« La mort de Marat », de Jacques-Louis David

famous-masterpieces-updated-with-21st-century-gadgets-kim-dong-kyu-18
« Le cri », d’Edvard Munch

* En réalité, bien des oeuvres montrées à la Biennale de Lyon renvoyaient à ces questions de l’utilité, la place, la pertinence, les conséquences sur l’homme de ces technologiques récentes, mais pourquoi rendre ces interrogations inaccessibles par un abstruïsme et une austérité débridés ?